La Partita

Alberto ONGARO

Anacharsis

9,00
par (Libraire)
17 novembre 2020

Jouer le jeu

" - Quelle est l'idée, au juste ? demandais-je. Devrais-je me mettre sur la table comme une bourse de pièces d'or ou dois-je me tenir à l'écart jusqu'à ce que vous ayez terminé ?
J'éprouvai le besoin de respirer à fond.
- Croyez-vous réellement que je sois disposé à me prêter à votre jeu ?
- Je crois que oui, répondit la comtesse. Je crois que vous accepterez lorsque vous saurez ce que, pour ma part, j'ai l'intention de miser. "
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Après l'envoutant et sublime La Taverne du Doge Loredan, les éditions Anacharsis ont eu la riche idée de poursuivre la publication en poche de l'œuvre de l'écrivain vénitien Alberto Ongaro (décédé en 2018) avec La Partita, paru en février 2020.
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Ce roman d'aventure nous place dans les pas d'un jeune aristocrate vénitien, Francesco Sacrado, revenant d'exil pour découvrir la Sérénissime étrangement piégée par la glace. Pire, il découvre que son père a joué et perdu toute la fortune familiale auprès de la mystérieuse (et borgne, donc) comtesse allemande Mathilde von Wallenstein.
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Jouant sa vie et la liberté d'en jouir contre la fortune familiale et perdant à son tour face à la diabolique comtesse, Francesco n'aura de cesse de fuir les sbires de cette dernière. La partie prendra un tour plus fantastique où l'imagination permettra à notre héros d'anticiper les coups de l'adversaire.
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Encore une fois l'auteur déroule sa partition à partir d'une idée géniale : ce roman n'est rien d'autre qu'une partie d'échec ou les pions se déplacent dans l'ombre sans jamais se révéler, laissant planer un doute sur la matérialité des faits décrits.
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Le lecteur ne peut s'empêcher de sourire et d'adhérer pleinement au postulat de départ, simplement pour voir jusqu'où Alberto Ongaro va continuer de jouer cette partie avec nous.

Martin

" Je la regardais, perplexe. Ainsi, pensais-je, ces choses arrivent, elles arrivent peut-être réellement, même si nous sommes habitués à croire qu'elles n'arrivent qu'en dehors de nous, devant nous ou à nos côtés, mais de toute façon fort loin, dans la dimension fantastique du théâtre, de la littérature ou des légendes dont on ignore l'origine. Elles m'arrivaient à moi, elles étaient en train de m'arriver et je devais donc obtenir de moi-même une sorte de suspension de mon incrédulité et admettre comme vrai ce qui m'apparaissait comme incroyable. "

Soleil de cendres
par (Libraire)
7 novembre 2020

Berlin après un tremblement de terre, une mère cherche son fils.

Marika vit seule avec son fils de 7 ans, Solal. Il ne connaît pas son père, elle et lui ont quitté l’Allemagne alors qu’il était bébé. C’est au cœur d’un été caniculaire qu’elle décide de l’emmener à Berlin rencontrer Thomas, son célèbre dramaturge de père. Marika accepte de les laisser seuls pour une nuit, déambule dans un Berlin qui lui manque. Dès les premières lignes du roman, on comprend cependant qu’elle ne les retrouvera pas si facilement…

Première autrice française chez Agullo Editions, Astrid Monet nous livre un deuxième roman qui traite d’amour filial, de chaos, d’urgence – d’urgence climatique, d’urgence à respirer, à retrouver son fils. Un roman qui raconte tout l’amour de l’autrice pour une ville, personnage à part entière. Laissez-vous emporter par son écriture poétique, traversez Berlin la bouche asséchée d’abord par la chaleur étouffante et le manque d’eau, puis par la pluie de cendres et la panique. Une expérience intense.

Suzanne