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Conseils de lecture

12,00
Conseillé par (Libraire)
31 octobre 2020

Un Cézanne plus vrai que nature

" C'est un vieil homme à la moustache épaissie par la morve, à la barbe raide de graisse mouton (...) On dirait un forgeron invité à la remise de diplôme de sa nièce ."

L'année avait pourtant bien commencé avec un nouveau roman de Mika Biermann... Une des lectures les plus réjouissantes d'avant le confinement est en effet paru en janvier. Il s'agit du neuvième texte de cet auteur allemand.

Installé à Marseille, où il travaille comme guide dans un musée, tout ses romans sont rédigés directement en français.

Une particularité de son œuvre et sa grande diversité : son précédent roman Roi. se rattache au péplum car se déroulant dans l'antiquité romaine, Booming est le premier et unique western "quantique", Un blanc est un roman d'aventures carnavalesque en Antarctique.
Il le dit d'ailleurs très simplement: " qui aimerait déballer le même cadeau à chaque anniversaire ?"

Tout est cette fois-ci dans le titre. Trois jours dans la vie du peintre qui va se retrouver confronter à un fait divers (fictif). Loin de tresser des lauriers et de verser dans l'hagiographie facile et poussive, Mika Biermann s'attache à exposer les conditions matérielles de création d'une œuvre et la vie de Cézanne dans ce quelles ont de plus terre à terre. Une crudité et de fraîcheur que l'on retrouve dans des scènes aux dialogues brut de décoffrage.

Son roman le plus "sérieux" à ce jour, où il expose plus particulièrement une propension à la description de scènes picturales, dans une Provence pas encore touchée par l'industrialisation. Un écrivain facétieux et espiègle dont on ressent à chaque page le plaisir qu'il a à écrire, ça ne se refuse décidément pas.

" Une chouette hôle: sous de lointains toits un écrivain invente une histoire rien que pour utiliser ce verbe une fois dans sa courte vie."

Martin


16,50
Conseillé par (Libraire)
30 octobre 2020

L'évocation des sensations et souvenirs de l'enfance

On est très sérieux quand on a 10 ans. Le narrateur de ce premier roman étonnant de grâce et de maîtrise est en effet un jeune garçon timide et réfléchi. En vacances avec sa grand-mère sur la côte normande, c'est à l'occasion d'une mise en pièce d'une méduse sur la plage, digne d'un sacrifice rituel, qu'une amitié immédiate et inconditionnelle va se créer entre lui et Baptiste. Un garçon, miroir opposé du narrateur, et dont la famille idéale va amener son lot de scènes inoubliables tout en faisant ressortir la gaucherie de notre conteur. Saute immédiatement aux yeux du lecteur la galerie de très beaux portraits, à commencer par la figure de la grand-mère, qui constitue un des points forts du roman d'Hugo Lindenberg. Il signe ici une très belle évocation des sensations liées à l'enfance (où un geste, un regard prend des proportions démesurées) pour un enfant dont la vie, à défaut d'être vide, sera marquée du sceau de l'étrangeté et de la difficulté de trouver une place à soi dans un monde aux codes mouvants et absurdes.

Marine et Martin


Roman

Tristram

21,90
Conseillé par (Libraire)
30 octobre 2020

L'Education sentimentale au féminin à l'époque de Nuit Debout et de la précarité généralisée.

Jeanne, jeune femme fraîchement débarquée à Paris depuis sa Bretagne natale, est embauchée en CDD à La Tannerie, ancienne friche industrielle aux portes de la capitale reconvertie en "tiers-lieu". Dire qu'elle se sent en décalage serait un euphémisme. Ne disposant pas du même capital culturel et social que ses nouveaux collègues, elle va devoir se métamorphoser pour s'intégrer dans un univers brutal, qui derrière ses slogans chocs, qu'au fond personne ne comprend ni ne questionne (le lien c'est le lieu, l'art c'est organique), paraît très vite au lecteur moins "cool" et progressiste que revendiqué. Il apparaît en réalité semblable à une machine à broyer les individus et leurs aspirations et ce avec leur assentiment. On y hésite d'ailleurs pas à relativiser le sort de ces jeunes hommes et femmes en contrat précaire en le comparant à celui des réfugiés campant au bord du canal riverain, suggérant au passage que ces derniers seraient ravis de prendre leur place.
Les lectrices et lecteurs ne manqueront pas de penser à L'Education Sentimentale et à Illusions Perdues (au féminin) devant l'écriture dense, élégante et racée de Celia Levi. Elle signe en cette rentrée un roman majeur sur une génération en perdition, qui ne semble plus réfléchir et s'investir dans l'action publique que pour prendre la pose et se divertir. Les tourments intérieurs, les déconvenues professionnelles et sentimentales de Jeanne, magnifiquement décrits, signent un portrait attachant au-delà de l'ironie douce-amère qui traverse ce texte, chargeant une certaine hypocrisie et un désenchantement propre à notre époque. Magistral.

Martin


Conseillé par
5 octobre 2020

Roman au style dynamique et résolument optimiste.

Roman au style dynamique et résolument optimiste qui nous réconcilie avec la justice. Sa présentation en épisodes nous rappelle certaines séries télévisées. La saison 1 évoque des sujets d’actualité où les personnages sont des héros du quotidien. A quand la suite ?


8,30
Conseillé par
2 juin 2020

J'ai adorée ce livre. il y a beaucoup de rebondissement, d'action. il est très addictif.
Hate de découvrir la suite.