Horaires d'été, du 27 juillet au 21 août
10h30 - 13h30
14h45 - 19h30 

Annesophie B.

https://www.instagram.com/annesophiebooks/?hl=fr

chroniqueuse littéraire à temps complet.

Fleuve Editions

19,90
9 décembre 2019

Une lecture déjantée et d’actualité !

Envie d’un roman qui sort de l’ordinaire ? Alors « Les Adultes », de Caroline Hulse, paru chez Fleuve Éditions est certainement celui qu’il vous faut.

Un livre so british, cynique et caustique, avec juste une pointe de suspens pour faire bonne mesure.

Le jour où Matt propose à Alex, sa petite amie, de passer les fêtes de Noël avec Claire, son ex-femme (qu’elle connaît à peine) et Patrick, le nouveau compagnon de celle-ci (qu’elle connaît encore moins) Alex se doute que cela risque de mal tourner...
Et pour mal tourner, ça va très mal tourner !

Mais comment dire non quand Matt s’abrite derrière l’excuse d’offrir un Noël en famille à Scarlett, sa petite fille de 7 ans, en partant tous ensemble passer un long week-end dans un parc familial ?
Impossible sans risquer de passer pour une égoïste, et ça, Alex ne le veut pas !

Surtout qu’après tout, ils sont tous adultes et raisonnables, non ? À l’exception de Scarlett et de Posey (son lapin imaginaire aussi capricieux que volubile), bien sûr.
Enfin, normalement...

Les voilà donc embarqués pour 5 jours de folie, durant lesquels grandes révélations, pieux mensonges et vieux secrets vont brutalement éclater au grand jour.

Sans compter que dès le départ on saura que l’un des membres de cette étrange famille s’est pris un tir de flèche de la part d’un autre membre...

Mais qui a tiré sur qui ? Et pourquoi ?

Ça le lecteur ne le saura qu’à la toute fin de ce séjour... épique.

Durant toute votre lecture vous adorerez détester chacun des protagonistes de cette histoire, qui avec leurs défauts, leur caractère, leurs différences et leurs querelles vous rappèleront sans nul doute nombre de réunions de famille que vous avez fatalement déjà savourées/endurées/imposées (rayez les mentions inutiles) dans cette joyeuse période de l’année !

Tout à la fois totalement déjanté, profondément humain et sarcastique à souhait, ce roman aux situations abracadabrantes et aux dialogues savoureux vous donnera autant à réfléchir qu’à sourire et vous préparera comme il se doit aux fêtes qui approchent.

Un roman à lire et à offrir sans limite, autant à ceux que vous aimez qu’aux autres, pour un Noël... explosif !

Noël Boudou

Taurnada éditions

9,99
9 décembre 2019

Benzos est une claque.

Une gifle douloureuse, mais nécessaire.

Chaque personne qui a elle-même vécu, ou qui connaît un proche qui a rencontré les problèmes que traverse Nick, reconnaîtra cette peur panique qui enchaîne et étreint l’esprit de celui qui doit faire face à l’insomnie ou à la douleur.

Au-delà de la fatigue physique que cela entraîne, la fatigue morale qui s’y ajoute semble ingérable à celui qui la subit.

Quand le peu d’heures de sommeil devient le refuge des pires cauchemars ou que chaque réveil est encore plus douloureux que le précédent, il est facile de tomber dans la dépendance.

Ce n’est ni une question de volonté ni une question de courage.
Il existe juste chez chacun un seuil, de fatigue ou de douleur.
Quand il est dépassé, on est alors prêt à tout pour repasser sous le seuil.
Même pour quelques heures ou quelques minutes.

Noël Boudou nous explique très bien tout cela, et bien plus encore, dans ce roman :

Nick a une vie que l’on définirait comme agréable : jolie maison, une boulot qui l’intéresse, un couple solide avec Chloé, sa femme, des amis sincères... Oui, décidément, sur le papier tout est parfait.
Mais sous les apparences, c’est déjà beaucoup moins idéal. Nick souffre d’une forte dépendance.

Quand Pierre et Catherine, les meilleurs amis du couple, arrivent pour passer quelques jours de vacances, Chloé a dû s’absenter pour le travail. Mais Nick est tellement heureux de revoir son meilleur ami qu’il a tout préparer au mieux.
Si la première soirée se passe très bien, le réveil du lendemain réserve de bien désagréables surprises...

A-t-il exagéré la veille ou perd-il réellement les pédales ?

Cette lecture interpellera chaque lecteur.
Vive et prenante, elle est impossible à lâcher avant la fin.

L’auteur nous conte cette histoire autant avec son cœur qu’avec ses tripes, se servant d’un style direct et sans fioritures.

Quant à l’utilisation de la première personne du singulier, elle permet elle une immersion totale dans la psyché de Nick, et le lecteur en ressort secoué et endolori, à l’image du personnage.

Bref, une lecture qui marque durablement, tant par le sujet que par la beauté de la plume de l’auteur.

Un roman à découvrir sans hésiter !

Sonatine éditions

22,00
9 décembre 2019

Un cauchemar comme on les aime.

Adieu Christchurch, bonjour Acacia Pines.
Une fois n’est pas coutume, Paul Cleave a déménagé son intrigue dans un petite ville américaine et non pas dans sa ville de Nouvelle-Zélande.

Choix judicieux et qui fonctionne très bien sur le genre d’intrigue qu’il nous propose ici.

Noah Harper est adjoint du shérif à Acacia Pines. Il aime sa ville, son boulot, sa femme, bref il aime sa vie.
Mais aujourd’hui Drew, son ami d’enfance et collègue de travail, et lui-même travaillent sur une affaire délicate : la disparition de la petite Alyssa Stone, 7 ans.

Persuadé d’avoir trouvé le coupable, Noah n’hésite pas à user d’arguments plus que musclés pour le forcer à parler.
Cela lui vaut d’être renvoyé de son travail et d’être contraint de quitter la ville.

Il a tout perdu, mais il a réussi : Alyssa est saine et sauve.

Une histoire qui pourrait presque s’arrêter là... sauf qu’il ne s’agit là que du premier chapitre de ce thriller !

Car 12 ans plus tard son ex femme l’appelle pour lui annoncer que Alyssa Stone a de nouveau mystérieusement disparu.
Si Noah avait juré de ne jamais remettre les pieds à Acacia Pines, cette nouvelle disparition le fait immédiatement changer d’avis.

Une fois sur place, l’accueil s’avère être aussi difficile que ce qu’il s’était imaginé.
Jusqu’où pourra-t-il aller pour la retrouver cette fois ?

Et surtout comment échappera-t-il aux nombreuses et violentes rancœurs qu’il a déclenchées une décennie plus tôt ?

L’auteur nous offre ici un thriller qui commence à une vitesse folle dès la première page.

Et si le rythme se calme un peu sur la suite, ce n’est que pour mieux présenter et positionner ses protagonistes, pour après repartir de plus belle.

En nous donnant de vrais gentils (et de gros méchants), il nous met en confiance. Mais il se joue aussi de nous en laissant également graviter d’autres personnages, aux desseins et aux caractères plus flous.

Qui est vraiment tel qu’on l’imagine ?
Où est Alyssa ?
Et quel rapport y a-t-il entre cette affaire et la première ?

Autant de questions qui nous font tourner les pages toujours de plus en plus vite.

Un excellent auteur et un très bon thriller que je vous recommande vivement !

22,00
4 novembre 2019

Une lecture différente et très plaisante.

En commençant 𝙐𝙣𝙚 𝙁𝙖𝙢𝙞𝙡𝙡𝙚 𝙋𝙧𝙚𝙨𝙦𝙪𝙚 𝙉𝙤𝙧𝙢𝙖𝙡𝙚, de 𝙈. 𝙏. 𝙀𝙙𝙫𝙖𝙧𝙙𝙨𝙨𝙤𝙣, ne vous attendez pas à lire un simple thriller ou un polar, car si c’est votre seule attente, elle serait déçue, et ce roman a tant de qualités que ce serait dommage de ne pas le lire pour ce qu’il est : un roman sociétal, sûrement un roman noir, mais surtout et avant tout un roman humain.

Adam Sandell, pasteur, et sa femme, Ulrika, avocate, ont une fille de 19 ans, Stella, au caractère plutôt difficile.
Ils ont tout de la famille respectée, et respectable.
De la famille parfaite même.

Sauf qu’aucune famille n’est réellement parfaite, nous le savons tous. Même si nous espérons tous que la nôtre fasse exception.
Ou tout du moins qu’elle donne mieux le change que les autres...

Les Sandell, eux, vont voir cet espoir exploser en plein vol lorsque leur fille est accusée du meurtre d’un homme d’affaires.
Alors, à tour de rôle, ces trois là vont nous raconter, nous expliquer leur vie. Leur passé et leurs secrets. Mais aussi les doutes, les certitudes, les chagrins, les colères et les espoirs.
Tout ce à quoi ils ne veulent renoncer et tout ce qu’ils sont prêts à sacrifier...

Et le lecteur les suit, les écoute. Les croit, parfois, et doute, souvent.
Père, mère et fille. Une seule famille, mais trois versions.
Et le lecteur continue. Il veut comprendre. Il veut savoir.
Il aura un peu plus de 530 pages pour y parvenir. Et s’en souvenir.

Qui serions-nous dans cette histoire ? Quelle « version » de cette famille est la plus proche de la nôtre ? Quelle réaction aurions-nous pu avoir si nous étions les Sandell ?

Les personnages sont bien campés, et , si tous n’attirent pas forcément la sympathie ou l’empathie, c’est justement parce qu’ils sont à l’image de ceux que nous pourrions croiser chaque jour dans nos vies, voire dans nos propres familles.

Et puis, parce qu’il ne faut pas oublier cette question, Stella est-elle coupable ?

Un roman à la croisée de la littérature noire et de la littérature blanche.
Une lecture pendant laquelle on ne s’ennuie pas une minute et qui donne à réfléchir, et ce n’en est que plus plaisant.

Les Presses de la Cité

21,00
29 octobre 2019

Un très bonne surprise.

Un Couple Irréprochable est un thriller « psycho/domestique » qui s’est avéré de lecture très agréable.

Dans cette catégorie de thrillers (et il y en a par dizaines rien qu’en ce moment), je place très volontiers celui-ci sur le haut du panier.

Angela et Jason Powell forment un couple uni depuis huit ans. Si Jason est souvent invité dans des émissions et fait régulièrement la une des journaux grâce à sa brillante d’économiste, Angela est d’une nature très discrète. Elle n’aime rien tant que sa vie parfaitement réglée où chaque chose est à sa place.

Si, de l’extérieur, sa vie peut sembler terne et bien trop formatée, la réalité est qu’Angela a un besoin impérieux de structurer sa vie au maximum pour parvenir à être sereine. Et si son mari raffole du feu des projecteurs, elle l’évite autant que possible à cause d’un passé qu’elle préfère garder dans l’ombre.

Mais cet équilibre familial menace de voler en éclats le jour où Jason est accusé de harcèlement par une de ses stagiaires. Et l’affaire se complique encore lorsqu’une autre jeune femme l’accuse d’agression sexuelle.

Lorsque son mari devient la cible des journalistes et que la machine judiciaire s’emballe, Angela tente de le soutenir, tout en essayant de garder son propre passé sous cloche, pour préserver sa tranquillité et celle de son fils.

Malheureusement, la disparition soudaine de l’une des deux plaignantes va la contraindre à faire un choix.

Si, annoncé tel quel, le pitch semble très classique, le roman a suffisamment de qualités pour faire oublier cette impression.

L’histoire de chaque personnage provoque une empathie du lecteur. Que ce soit pour l’un ou l’autre des protagonistes, chacun aura son ressenti, bon ou mauvais, par rapport à son propre vécu, ce qui rend l’histoire presque familière.

Le rythme, est excellent. Alternant entre les chapitres « Angela » et les chapitres propres à l’enquête, la lecture est fluide et addictive.

La fin, plus inattendue que prévu, m’a également beaucoup plu.

Bref, un très bon thriller domestique, et une auteure qui parvient à tirer son épingle du jeu et que je suivrai avec plaisir.

À découvrir pour passer un agréable moment de lecture !