Billy le menteur, nouvelle édition

nouvelle édition

Waterhouse Keith

Typhon

17,00
par (Libraire)
30 novembre 2020

Le prestidigitateur

William Fischer est un jeune homme vif et plein d'entrain dans l'Angleterre des années 50. Vivant encore chez ses parents, employé dans une société de pompes funèbres, il vivote en rongeant son frein. Rêveur, drôle et excessivement sympathique, il ne parle que de Londres où il ira bientôt écrire des sketches pour l'humoriste Dany Boon (le personnage d'humoriste célèbre se prénomme ainsi dans le roman). En attendant il se réfugie dans une intériorité riche et complexe, à l'instar d'Ambroisia, le pays imaginaire dont il est l'artiste-président-dictateur officiel.

Seulement, son imagination n'a d'égale que sa capacité à fabuler et à mystifier son entourage pour sublimer son quotidien d'un ennui sidéral. Empilement de mensonges toujours plus absurdes dont on pressent assez vite qu'ils le conduiront à sa perte.

Ce classique de la littérature populaire anglaise des années 50, adapté en film en 1963, dénonce le conformisme et le désœuvrement à l'œuvre dans les villes de province, loin de Londres et de la modernité, où la jeunesse ploie encore sous la domination de la génération ayant gagné la guerre.

On se laisse facilement happer par l'imagination tortueuse de Billy, son humour absurde et ravageur et la fraîcheur avec laquelle il nous fait le complice de ses élucubrations. Le lecteur en viendrait presque à souhaiter que les cathédrales finement ouvragées que sont ses mensonges ne soient jamais découvert.

Deuxième titre des toutes récentes éditions du Typhon, après Hurry On Down de John Wain, qui s'attachent à rééditer les romans d'auteurs du mouvement dit des "jeunes hommes en colère". Une très belle découverte en littérature étrangère et un catalogue cohérent sans aucune faute de goût.

Martin

" J'avais dit jadis à la mère d'Arthur, dans un moment de désœuvrement, que j'avais une sœur qui s'appelait Sheila.
- Et elle veut aussi envoyer des vieux jouets aux gosses, dit Arthur.
- Toutes contributions seront acceptés avec reconnaissance, dis-je, toujours désinvolte.
Je me demandais pourquoi diable j'avais commencé tout cela. Pendant que je me morfondais à attendre qu'Arthur noue sa cravate dans la maison tranquille, réglée, où il habitait, j'avais marié Sheila à un commis d'un épicier en gros qui s'appelait Éric. Éric, prospérant, avait maintenant trois boutique à lui, deux à Leeds et une à Bradford. Comme la conversation traînait entre moi et la mère d'Arthur, j'avais donné à Éric et à Sheila deux enfants ; Norma, qui avait maintenant trois ans, et Michael, un an et demi. "

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