Patria

Patria

Fernando Aramburu

Actes Sud

  • par (Libraire)
    16 mai 2018

    Après 60 ans de conflit, l'ETA a remis ses armes aux autorités en avril 2017 pour finalement annoncer le 02 mai dernier la totale dissolution de son organisation.
    Dans ce contexte, l'intérêt pour la publication du roman de Fernando Aramburu, qui a reçu le prix national de Littérature, a très largement dépassé les frontières des librairies espagnoles pour devenir un sujet de débat brûlant et mettre comme un point final à plusieurs décennies de violence.
    Bien que l'auteur, qui vit actuellement en Allemagne, n'ait jamais cherché à cacher son opinion sur le conflit, son roman n'est pas à proprement parlé un livre politique.
    Son récit, intimiste, se concentre sur le destin de deux familles d'un petit village basque près de San Sebastien dont la profonde amitié va définitivement voler en éclat. Le Taxto, petit entrepreneur, a été assassiné par l'ETA pour avoir refusé de payer l'impôt révolutionnaire tandis que le fils de son meilleur ami est condamné et emprisonné pour terrorisme; la terreur sociale mêlée aux exigences de l'amour filial finit par corrompre les liens qui les unissaient allant même jusqu'à déclarer les deux familles ennemis jurés.
    Dans une construction virtuose qui casse les codes de la temporalité, Aramburu décrit avec subtilité la façon dont le conflit politique, en s'insinuant dans les consciences individuelles, pervertit peu peu les relations amicales et familiales les plus sincères pour laisser place à la haine, à l'hypocrisie et au silence.
    Une immersion passionnante dans une intimité dénaturée par l'émergence d'une cause dans laquelle victimes et famille de bourreau finissent par s'unir dans une souffrance sans issue.
    A découvrir


  • 29 avril 2018

    Mourir par la patrie

    Voici le phénomène littéraire qui nous vient d’Espagne, où il bénéficie d’un succès critique et public considérable. Son auteur y parle de l’ETA et des blessures du terrorisme à travers l’histoire de deux familles basques que l’organisation indépendantiste va déchirer. Magistral portrait romanesque, sociologique et historique d’une époque et d’un pays.

    **Comme deux sœurs**

    Miren et Bittori sont originaires du même village et amies depuis toujours. Elles se sont même mariées la même année, en 1963, la première avec un ouvrier, l’autre avec le Txato, chef d’une petite entreprise de transport. A leur tour, leurs époux se réunissent autour du vélo, des parties de cartes et des repas de village. Lorsque Joxe Mari, l’un des fils de Miren, s’engage dans l’action armée nationaliste, sa mère prend d’instinct sa défense, tandis que des graffitis malveillants et des menaces visent le Txato, jusqu’à son assassinat en pleine rue de quatre balles dans le dos.

    Lire la suite de la critique sur le site o n l a l u


  • par (Libraire)
    16 avril 2018

    Passionnant et subtil

    Voila le grand roman sur l'époque de la lutte armée de l' ETA que l’Espagne attendait. C'est une histoire passionnante et subtile, un portrait de deux familles amies divisées par le terrorisme et la peur, une fresque endiablée sur l’Espagne contemporaine. Coup de coeur ++++


  • 4 avril 2018

    Conseillé par Marie-Laure

    Pendant cinquante ans, l'ETA a paralysé et divisé le Pays basque. En 2011, l'organisation a définitivement déposé les armes. Avec son roman Patria, Fernando Aramburu a ravivé des souvenirs douloureux et provoqué de nombreux débats. Il semblerait que tout Basque ait une opinion sur ce livre. Les familles des victimes y voient une reconnaissance, quant aux séparatistes, ils accusent l’autre d'avoir une vision trop manichéenne. Si ce roman fait autant parler, c'est était nécessaire. Fernando Aramburu indique clairement sa volonté de dénoncer. Il ne faut pas taire ces années, au contraire, il faut exorciser le passé. Fernando Aramburu a choisi de raconter l'ETA à travers deux familles et un village. Deux familles amies qui vont se déchirer à cause de l'organisation. Le fils de l'une d'entre elles deviendra membre de l'ETA et le père de l'autre famille sera tué pour avoir refusé de payer l'impôt révolutionnaire. Au-delà de l'arrière plan historique extrêmement référencé, ce qui fait la puissance du roman, ce sont ses personnages. (suite dans le magazine Page N°189)